Vocabulaire de la toiture : schéma et lexique

Une toiture se décrit avec une trentaine de mots, et la plupart se rangent dans l'une de cinq familles : les surfaces (pan, croupe, pignon), les lignes qui se comptent au mètre linéaire (faîtage, arêtier, noue, égout, rive), les pièces d'étanchéité et de finition (closoir, noquet, solin), la charpente et le support (chevron, liteau, écran sous toiture) et l'évacuation de l'eau (gouttière, chéneau, descente). Cette page définit chaque terme et renvoie vers le guide détaillé quand il existe.

Mis à jour le 12 min de lecture

19,3 mlde faîtage29,5 mld'égouts
Le toit du chantier d'exemple de Couvly, avec ses lignes de faîtage, de noues, d'égouts et de rives.

Comment lire ce lexique ?

Les listes alphabétiques ne disent pas à quoi sert un mot. Ici, chaque terme est rangé selon ce qu'il est sur le toit et sur le devis : une surface se chiffre au mètre carré, une ligne au mètre linéaire, une pièce à l'unité, et le reste (charpente, support, gouttières) se retrouve dans d'autres lignes du devis. Les longueurs citées viennent du chantier d'exemple de Couvly, la maison des Lefèvre à Trélazé (Maine-et-Loire) : quatre pans à 37° (75,4 %) pour 148,4 m² de couverture, un faîtage de 19,3 ml, deux noues de 3,6 ml, des égouts de 29,5 ml et des rives de 25,7 ml.

FamilleCe qu'on compteTermes
Surfacesm²pan, rampant, croupe, pignon
Lignesmlfaîtage, arêtier, noue, égout, rive
Pièces et accessoiresunité ou mlfaîtière, closoir, noquet, solin, abergement, tuile de rive, chatière
Charpente et supportselon l'ouvragechevron, panne, coyau, liteau, contre-liteau, écran sous toiture, pureau
Évacuation de l'eauml et unitégouttière, chéneau, descente, avant-toit

Quels sont les types de toits ?

Le type de toit dépend du nombre de pans et de la façon dont ils se rejoignent. C'est la première chose à nommer, parce qu'elle commande le nombre de lignes à mesurer.

TypeCe que vous voyezLignes en plus du faîtage
Monopenteun seul pan inclinéaucune, le haut du pan s'appuie sur un mur
Toit à deux pansdeux pans qui se rencontrent au faîtage, avec un pignon à chaque boutdeux rives par pan
Toit à quatre pans (en croupe)quatre pans, pas de pignonquatre arêtiers
Toit à croupes partiellesdeux grands pans et un petit pan à chaque boutarêtiers courts
Toit plat ou toiture terrassesurface presque horizontale, avec une faible penteaucune ligne de faîtage

Un toit en L ou en T ajoute des noues là où deux toitures se rencontrent en creux, comme sur le chantier d'exemple. Pour un toit plat, la pente et son minimum se traitent dans notre guide sur la pente d'un toit plat.

Quelles surfaces compte-t-on sur un toit ?

Pan

Un pan est une surface plane de couverture, avec sa propre pente et sa propre orientation. Un toit simple en compte deux, un toit complexe huit ou dix. Chaque pan se mesure séparément, parce que la pente change la surface réelle : sur la maison des Lefèvre, les pans font 60,1 m², 53,7 m², 17,3 m² et 17,3 m², soit 148,4 m² au total pour 118,5 m² au sol. La méthode est détaillée dans notre guide sur le calcul de la surface d'une toiture, et notre outil de surface de toiture mesure la surface réelle et la pente de chaque pan depuis l'adresse, sans compte.

Rampant

Le rampant est un pan vu dans le sens de la pente : on parle de « longueur de rampant » pour la distance entre l'égout et le faîtage, mesurée en suivant la pente et non à plat. Il intervient dans le choix des plaques ou des rangs de tuiles. Sur un bâtiment d'activité de Beaune mesuré par Couvly, le rampant fait environ 7,6 m pour 12,7° de pente. La pente elle-même s'exprime en degrés ou en pourcentage, comme l'explique notre guide sur la pente de toit en degrés et en pourcentage.

Croupe

La croupe est le pan triangulaire ou trapézoïdal qui ferme un toit à l'une de ses extrémités, à la place d'un mur pignon. Dans la terminologie de l'Office québécois de la langue française, un toit en croupe se compose de trois plans à chaque bout, la croupe étant celui du bout. Elle se chiffre comme un pan, et elle crée deux arêtiers qui la relient aux grands pans.

Pignon

Le pignon est la partie haute et triangulaire d'un mur extérieur, entre les deux versants d'un toit. Ce n'est pas une surface de couverture : il se compte en maçonnerie ou en bardage. Pour le couvreur, il compte surtout par ce qu'il implique, à savoir une rive le long de chaque versant et un solin si le mur dépasse la couverture. Le mur opposé, sous l'égout, s'appelle le mur gouttereau.

Quelles lignes se mesurent au mètre linéaire ?

Ces cinq lignes sont celles que le couvreur ne peut pas lire sur un plan de masse : elles se mesurent en suivant les arêtes de la toiture, et chacune donne droit à des pièces particulières.

Faîtage

Le faîtage est la ligne horizontale la plus haute, là où deux pans de pente opposée se rencontrent. On le couvre de faîtières posées sur des closoirs. Sur le chantier d'exemple, il mesure 19,3 ml. Notre guide sur le faîtage de toiture détaille les faîtières, les closoirs et la ventilation.

Arêtier

L'arêtier est l'arête saillante où deux pans se rejoignent en formant un angle sortant. Le terme désigne l'angle de la toiture, la pièce de bois en pente qui le porte dans la charpente, et la ligne de couverture qui le recouvre. Un toit à quatre pans en compte quatre. Ils se traitent comme un faîtage incliné, avec des faîtières ou des noquets selon la couverture. Notre guide sur l'arêtier de toiture détaille les pièces, le nombre au mètre et le calcul de sa longueur.

Noue

La noue est l'angle rentrant, là où deux pans se rejoignent en creux. C'est le point où l'eau de deux pans se rassemble, donc la zone la plus exposée aux fuites. La maison des Lefèvre en compte deux, de 3,6 ml chacune. Voyez notre guide sur la noue de toiture pour les largeurs, les matériaux et la pose.

Égout

L'égout est le bord bas d'un pan, celui d'où l'eau quitte la toiture. C'est là que se fixent la gouttière ou le chéneau. Son développé détermine la longueur de gouttière à prévoir : 29,5 ml sur le chantier d'exemple. La hauteur à l'égout, ici 5,8 m, compte aussi pour le choix de l'échafaudage.

Rive

La rive est le bord latéral d'un pan, celui qui suit la pente le long d'un pignon. Elle reçoit une pièce de finition : bande de rive métallique, tuile de rive ou rive scellée selon le matériau. La maison des Lefèvre totalise 25,7 ml de rives. Notre guide sur la rive de toiture en détaille les solutions, dont la tuile de rive.

Quelles pièces d'étanchéité et de finition ?

Faîtière

La faîtière est la pièce, tuile courbe ou élément métallique, qui recouvre le faîtage ou un arêtier. Son recouvrement dépend du matériau : la FFB demande par exemple 120 mm minimum sur les plaques d'un bac acier. Elle se compte au mètre linéaire ou à la pièce.

Closoir

Le closoir est une pièce, souvent en mousse, en bande souple ventilée ou en métal, qui ferme l'espace entre la couverture et la faîtière ou l'égout. Il empêche la pluie et les oiseaux d'entrer tout en laissant l'air circuler sous la couverture. Il se pose au faîtage, à l'arêtier et parfois à l'égout.

Noquet

Un noquet est une petite pièce de zinc ou de plomb coudée, que l'on insère en rive d'une couverture en ardoises ou en tuiles plates, à la rencontre d'une paroi ou de chaque côté d'un arêtier, pour assurer l'étanchéité. Il se compte à la pièce ou au mètre linéaire de rive ou d'arêtier selon l'habitude de l'entreprise, et se range dans les fournitures de finition.

Solin et abergement

Le solin est la garniture qui étanche la jonction entre la couverture et un mur qui la dépasse. L'abergement est l'ensemble des pièces d'étanchéité, en zinc, en plomb ou en aluminium, qui entourent un élément traversant ou dominant la couverture : cheminée, mur, fenêtre de toit, sortie de ventilation. Le solin est donc une partie de l'abergement. Pour les détails de pose, voyez notre guide sur le solin et l'abergement.

Tuile de rive

La tuile de rive est la tuile spéciale posée le long du pignon. Elle présente un bord relevé ou un rebord qui évite que l'eau déborde sur le mur, et elle se commande à la pièce. Les modèles diffèrent selon la tuile : à rebord, à joint, gauche ou droite. La longueur de rive donne le nombre de tuiles.

Chatière

La chatière est une ouverture de ventilation percée dans la couverture. Elle prend souvent la forme d'une tuile spéciale ou d'un élément en plastique ou en métal à glisser dans le rang. Elle laisse circuler l'air dans le comble ou sous la couverture, en complément de la ventilation de l'égout et du faîtage. Elle se compte à la pièce.

Quels termes désignent la charpente et le support ?

Chevron

Le chevron est la pièce de bois inclinée qui suit la pente du pan et qui porte les liteaux. Les chevrons reposent sur les pannes ou sur le faîtage et descendent jusqu'au pied du pan.

Panne

La panne est une poutre horizontale, parallèle au faîtage, qui reçoit les chevrons ou la couverture. On distingue la panne faîtière, tout en haut, la panne sablière, en pied de pan, et les pannes intermédiaires.

Coyau

Le coyau est, selon le Grand dictionnaire terminologique, une petite pièce de bois de faible longueur, rapportée au devant d'un chevron. Elle adoucit la pente en partie basse du comble et forme l'égout, ce qui donne à beaucoup de toitures leur profil légèrement relevé au bord. Le couvreur le rencontre surtout en rénovation.

Liteau

Le liteau est la baguette de bois de section régulière, fixée en travers des chevrons ou des contre-liteaux, qui porte les tuiles ou les ardoises. L'écartement des liteaux dépend du pureau. Notre guide sur le nombre de tuiles au m² montre comment l'écartement des liteaux fixe le nombre de rangs et de tuiles.

Contre-liteau

Le contre-liteau est un liteau posé dans le sens de la pente, sur l'écran sous toiture, directement au-dessus des chevrons. Il crée une lame d'air qui ventile la sous-face de la couverture et laisse écouler l'eau qui passerait sous les tuiles, sans qu'elle s'accumule derrière les liteaux. Les liteaux se fixent ensuite dessus, en travers.

Écran sous toiture

L'écran sous toiture est une membrane souple tendue sous la couverture, sur les chevrons. Il complète l'étanchéité en retenant la neige poudreuse, la poussière et les infiltrations, et les modèles dits HPV laissent aussi passer la vapeur d'eau venue de l'intérieur. Il ne remplace pas l'isolation. On le compte au mètre carré, avec ses recouvrements.

Pureau

Le pureau est la surface exposée d'une tuile ou d'une ardoise, celle que la rangée du dessus ne recouvre pas. On l'appelle aussi la partie visible de l'élément. Plus le pureau est grand, moins il faut d'éléments au mètre carré, mais plus la pente minimale monte : c'est le sujet de notre guide sur la pente minimale d'une toiture en ardoise.

Comment l'eau est-elle évacuée du toit ?

Gouttière

La gouttière est le canal fixé au bord du toit, sous l'égout, qui reçoit l'eau de pluie et la dirige vers la descente. Elle se pose avec une légère pente et se mesure en mètres linéaires. Notre guide sur le calcul des gouttières donne la dimension et la pente à retenir.

Chéneau

Le chéneau est un canal qui reçoit l'eau d'un toit pour la conduire aux descentes. D'après le Grand dictionnaire terminologique, la gouttière est toujours en bordure du toit, alors que le chéneau peut aussi se trouver entre deux pans, et c'est un ouvrage plus important, courant dans les bâtiments industriels. Il peut être en pierre, en terre cuite, en bois ou en métal.

Descente

La descente, ou tuyau de descente, est le tube vertical qui conduit l'eau de la gouttière ou du chéneau jusqu'au sol ou au réseau d'eaux pluviales. Elle se compte à la pièce, avec ses colliers et ses coudes. Le nombre de descentes dépend de la surface de toiture et de la longueur de gouttière.

Avant-toit et débord de toit

L'avant-toit est la partie de la toiture qui dépasse du mur, au-delà de l'égout. On parle aussi de débord de toit pour la longueur de ce dépassement, en pied de pan comme sur les pignons. Il protège la façade de la pluie et supporte souvent la gouttière. Un débord important modifie la surface de couverture sans changer la surface au sol de la maison.

Comment ces termes se retrouvent-ils sur un devis ?

Le devis de couverture reprend ces mots poste par poste. Les surfaces donnent la quantité de couverture, les lignes donnent les longueurs de pièces, et les accessoires se comptent à l'unité. Sur la maison des Lefèvre, la mesure donne :

PosteQuantitéComment se chiffre le poste
Couverture, quatre pans à 37°148,4 m²surface réelle, pan par pan
Faîtage19,3 mlfaîtières et closoirs
Noues2 de 3,6 mlpièces de noue et noquets
Égouts29,5 mlgouttière ou chéneau, closoir d'égout
Rives25,7 mltuiles ou bandes de rive

Ces quatre lignes totalisent 81,7 ml (19,3 + 7,2 + 29,5 + 25,7). Couvly mesure ces lignes et ces surfaces depuis l'adresse, à partir des relevés 3D de l'IGN, et les reporte sur un plan coté : voyez le fonctionnement de Couvly.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un chéneau et une gouttière ?

La gouttière est toujours en bord de toit. Le chéneau peut aussi se loger entre deux pans, et c'est un ouvrage plus important, qui fait partie de la couverture. Les deux conduisent l'eau vers les descentes.

Quelle est la différence entre un pignon et une croupe ?

Le pignon est un mur triangulaire qui ferme le toit à son extrémité, avec des rives sur les côtés. La croupe est un pan de toiture incliné qui ferme le toit à la place du pignon, et elle crée des arêtiers.

Quelle est la différence entre un faîtage, une faîtière et un arêtier ?

Le faîtage est la ligne du haut du toit. La faîtière est la pièce qui le recouvre. L'arêtier est une arête saillante, entre deux pans, qui descend du faîtage vers l'égout et se couvre de faîtières aussi.

Quelle est la différence entre une noue et un noquet ?

La noue est l'angle rentrant entre deux pans. Le noquet est une petite pièce de zinc ou de plomb, qui se pose en rive ou de chaque côté d'un arêtier, pour assurer l'étanchéité. Le noquet sert donc à étancher un angle, il ne désigne pas l'angle lui-même.

À quoi sert un contre-liteau ?

Il se pose dans le sens de la pente, sur l'écran sous toiture, et crée une lame d'air sous les liteaux. L'eau qui passe sous les tuiles s'écoule vers l'égout au lieu de s'accumuler. Cette lame d'air ventile aussi la sous-face de la couverture.

Qu'est-ce que le pureau, et pourquoi l'indique-t-on ?

C'est la partie visible d'une tuile ou d'une ardoise. Il détermine l'écartement des liteaux, donc le nombre d'éléments au mètre carré, et il limite la pente minimale du matériau.

Qu'est-ce qu'un coyau ?

Une petite pièce de bois fixée au bas d'un chevron. Elle casse la pente en partie basse et forme l'égout, souvent avec un léger débord. Le terme est surtout utilisé pour les charpentes traditionnelles.

Un toit plat a-t-il un faîtage ou des pans ?

Non : une toiture terrasse a une surface presque horizontale, sans faîtage. Elle garde une faible pente pour évacuer l'eau, et se traite avec les règles de l'étanchéité plutôt que celles de la couverture en éléments.

Comment obtenir les longueurs de faîtage, de noue et de rive d'un toit sans monter dessus ?

On peut les relever sur plan, au drone, ou à partir d'un relevé laser. Notre guide pour mesurer une toiture sans monter dessus compare ces méthodes.

Ce guide est à jour au 14 octobre 2026.

Sources

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